Dans une cuisine professionnelle, les graisses partent chaque jour à l’évier, à la plonge et au lave-vaisselle. Sans bac à graisse, elles figent dans les canalisations, forment un bouchon et finissent dans les collecteurs publics. Le bac à graisse, dans un restaurant, n’est donc pas une option : le bac à graisse est un équipement exigé, et il constitue un poste d’entretien à part entière. Voici les obligations à respecter, comment bien choisir et comment l’entretenir sans mauvaise surprise.
Pourquoi un bac à graisse est indispensable en restaurant
Les huiles et graisses alimentaires sont liquides à chaud. En refroidissant dans les tuyaux, elles se solidifient, accrochent les déchets et finissent par bloquer l’évacuation de la cuisine. Côté collectivité, elles encrassent les collecteurs, gênent les postes de relevage et perturbent la station d’épuration.
Le bac à graisse assure le prétraitement des eaux usées chargées avant leur rejet : il retient la majorité des graisses contenues dans les eaux usées, améliore la qualité des rejets et protège à la fois vos canalisations et le réseau d’assainissement collectif. Un bac à graisse bien dimensionné et vidé régulièrement évite aussi les odeurs en salle et les dépannages en plein service.
Comment fonctionne un bac à graisse ?
Le principe est simple : les graisses sont plus légères que l’eau. Dans le bac à graisse, l’écoulement ralentit et laisse les graisses remonter à la surface, où elles forment une couche qui reste piégée, tandis que l’eau dégraissée repart par le bas vers l’égout.
Un séparateur de graisses professionnel comprend généralement trois composants :
- Un panier en entrée, qui retient les déchets solides (restes alimentaires, épluchures) ;
- Un débourbeur, où se déposent les matières lourdes comme le sable ou la fécule ;
- Le compartiment de séparation, où les graisses s’accumulent au-dessus de l’eau avant d’être pompées.
Le bac à graisse ne détruit pas les graisses : il les stocke. Son bon fonctionnement repose donc entièrement sur la qualité de l’entretien. On parle aussi de dégraisseur ou de bac séparateur : le nom change, la logique reste la même.

Bac à graisse restaurant : ce que dit la réglementation
Les eaux d’un restaurant sont « assimilées domestiques » au sens de l’arrêté du 21 décembre 2007. L’article L1331-7-1 du Code de la santé publique donne droit au raccordement au réseau public, mais la collectivité peut l’assortir de prescriptions techniques. Dans la majorité des cas, son règlement d’assainissement impose un bac à graisse en amont du branchement. Le règlement sanitaire départemental interdit, de son côté, de rejeter dans les ouvrages publics toute matière qui en gêne le fonctionnement.
Les graisses retirées sont des déchets : selon l’article L541-2 du Code de l’environnement, le restaurateur reste responsable de les faire traiter, même après leur enlèvement par un prestataire. La conception et le dimensionnement des bacs à graisse relèvent de la norme NF EN 1825.
Quels établissements sont concernés ?
Tout établissement qui produit des rejets gras est concerné : restaurant traditionnel, restauration rapide, snack, traiteurs, boucheries-charcuteries, hôtellerie et restauration collective (cantines, hôpitaux, maisons de retraite). Un petit snack n’échappe pas à la règle : seule la capacité du bac à graisse change. Le règlement de votre collectivité précise le type d’ouvrage attendu.
Contrôles et sanctions
La collectivité ou son délégataire peut contrôler vos installations, notamment lors d’une ouverture, d’une reprise de fonds de commerce ou après un incident sur un collecteur. En cas de non-conformité, l’établissement reçoit une mise en demeure avec un délai de mise aux normes. Passé ce délai, il s’expose aux pénalités prévues par le règlement de service, et les frais de curage d’un collecteur public bouché par ses graisses peuvent lui être refacturés.
Bac à graisse sous plonge ou enterré ?
Deux grandes familles de bacs existent. Le bac à graisse sous plonge, ou dégraisseur sous évier, est un modèle compact installé directement dans la cuisine. Le bac à graisse enterré est placé à l’extérieur, en amont du branchement, et reçoit tous les rejets de l’établissement.
| Critère | Sous plonge ou sous évier | Bac à graisse extérieur |
|---|---|---|
| Emplacement | Dans la cuisine | À l’extérieur, accessible au camion |
| Capacité | Quelques dizaines de litres | Plusieurs centaines à plusieurs milliers de litres |
| Établissements adaptés | Snack, petite restauration, cuisine où l’espace manque | Restaurant, restauration collective, gros volumes |
| Matériau courant | Acier inox | Béton ou polyéthylène |
| Entretien | Panier et écrémage par le personnel, très fréquents | Pompage complet par un professionnel |
| Pose | Simple à poser, sans terrassement | Travaux de terrassement et de raccordement |
Le bac à graisse compact est une solution rapide quand aucun terrain n’est disponible sur le site, mais sa faible capacité impose un nettoyage presque journalier. Les bacs enterrés demandent un investissement plus lourd, en contrepartie d’une meilleure efficacité et d’un entretien espacé. Certains règlements imposent l’un ou l’autre : vérifiez-le avant d’investir dans un bac.
Choisir la capacité et le matériau
La capacité d’un bac à graisse se calcule selon la norme NF EN 1825-2, à partir du débit des appareils raccordés, du nombre de repas servis par jour et de la température des rejets. Un bac à graisse sous-dimensionné laisse passer les graisses et se remplit trop vite. Avant d’installer quoi que ce soit, le fournisseur ou le bureau d’études fait ce calcul, puis vous pouvez lancer un comparatif bac à graisse entre modèles d’une même gamme.
En cuisine, les bacs à graisse en inox dominent : l’acier inox résiste aux produits de nettoyage et à la chaleur, et se nettoie facilement. Les fabricants proposent des bacs à graisse en inox dans de nombreux modèles. Bon à savoir : un modèle adapté aux cuisines exiguës existe dans la plupart des catalogues. Quel que soit le choix, privilégiez la qualité de fabrication, un couvercle étanche et un accès facile au panier : c’est ce qui rend l’entretien simple au quotidien.
Installation : les erreurs à éviter
- Raccorder les WC ou les eaux pluviales au bac à graisse : seuls les rejets de la cuisine doivent y passer.
- Oublier un appareil : la plonge, le lave-vaisselle, les bondes de sol et les sauteuses doivent tous transiter par le bac.
- Installer le bac à graisse dans un recoin inaccessible : le camion doit pouvoir approcher un ouvrage extérieur, et le personnel ouvrir facilement un modèle intérieur.
- Négliger le système de ventilation lors de la pose : les odeurs remontent alors dans l’établissement.
- Comparer les modèles sur le seul prix et choisir un bac à graisse trop petit.
Point important : pour une installation bac à graisse dans un établissement existant, faites valider le projet par le gestionnaire du réseau d’assainissement. C’est lui qui autorise le raccordement à l’évacuation des eaux usées.

Entretien et vidange du bac à graisse
À quelle fréquence ?
Pour un bac à graisse intérieur, le panier se vide chaque jour et la couche de graisses s’écrème selon son niveau, souvent au quotidien en période d’activité. Les bacs à graisses extérieurs se vident intégralement par une entreprise spécialisée : à titre d’exemple, Nîmes Métropole recommande une vidange et un nettoyage complets une à deux fois par an. Le bon rythme dépend de la capacité du bac et du volume de production, et votre collectivité peut fixer un minimum.
Lors du pompage, le camion aspire graisses, liquide et boues, puis le bac à graisse est nettoyé et remis en eau. Un curage des canalisations en aval s’impose si des dépôts se sont formés.
Traçabilité : les justificatifs à conserver
À chaque passage, exigez un bordereau de suivi des déchets qui indique la quantité enlevée et la destination des graisses. Conservez les bordereaux du bac à graisse et les factures avec votre registre d’entretien : la collectivité peut les demander lors d’un contrôle, et ils prouvent que votre établissement respecte ses obligations.
Les signes d’un bac à graisse saturé
Un bac à graisses plein se reconnaît vite : évacuation lente, mauvaises odeurs, croûte épaisse en surface, eau grasse qui refoule par les bondes de sol. Les produits « dégraissants » vendus pour remplacer le bac à graisse ne règlent rien : ils déplacent les graisses plus loin dans le réseau, où elles figent à nouveau. Dès ces signes, programmez un pompage pour protéger votre installation.

Vidange de bac à graisse dans les Yvelines avec VRDtech
Basée à Houdan, VRDtech assure la vidange de bac à graisse, de dégraisseur et de séparateur pour les restaurants, traiteurs et cuisines collectives des Yvelines, notamment à Versailles, Saint-Germain-en-Laye, Poissy ou Rambouillet. Les graisses pompées partent vers une filière de traitement, avec un bordereau de suivi remis au client.
Quand les canalisations de la cuisine sont déjà encrassées, nous réalisons un hydrocurage pour rétablir leur bon fonctionnement, puis une inspection caméra si un défaut est suspecté. Notre camion hydrocureur réalise pompage et curage lors du même passage, en dehors du service si besoin. Pour comparer les prestataires, consultez notre guide pour choisir une entreprise d’assainissement, ou décrivez-nous votre installation via notre formulaire de contact pour un contrat de maintenance adapté.
Questions fréquentes sur le bac à graisse
Un bac à graisse est-il obligatoire pour un restaurant ?
Dans la grande majorité des communes, oui : le règlement d’assainissement impose un séparateur de graisses à tout établissement qui rejette des eaux grasses à l’égout. Votre collectivité précise le type d’ouvrage attendu.
Un petit snack est-il soumis à la même réglementation ?
Oui. La règle est la même pour toute la restauration ; seule la taille des bacs change selon le nombre de repas et les appareils raccordés. Un bac compact à installer en cuisine peut suffire si votre collectivité l’accepte.
Peut-on utiliser un produit biologique à la place du bac ?
Non. Ce type de produit peut faciliter l’entretien, mais ce n’est pas une solution de remplacement : les graisses doivent être retenues dans le bac, puis évacuées par un professionnel.
Comment vérifier si son installation est conforme ?
Pour savoir si tout est en ordre, vérifiez que toutes les eaux grasses passent par le bac, qu’il est accessible et dimensionné selon l’activité du restaurant, et que vous conservez les bordereaux de pompage. En cas de doute, votre collectivité peut réaliser un contrôle.



